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Guerre de l'information - Information Warfare

Cyberguerre - Emission sur France 24

L'émission "Intelligence Economique" sur le thème de la cyberguerre (invité : Daniel Ventre) est diffusée aux dates et horaires suivants sur la chaîne France 24:

- samedi 24 octobre 2009 à 10h10  -  jeudi 29 octobre à 10h15  -  vendredi 30 octobre à 16h10  -  samedi 31 octobre à 10h15  -  dimanche 1° novembre à 10h15

Emission visible sur le site de France 24  en Français http://www.france24.com/fr/20091026-cyberguerre-ANSSI-OTAN-cybercriminalit%C3%A9     in English : http://www.france24.com/en/26102009-cyberwar-cyberattack-NATO-Estonia-internet


"信息战" - "Information Warfare" - Daniel Ventre - New book available

现代信息技术极大地改变了人类的生活方式,并为现代化战略发展做出了巨大贡献。 同时还为各色各样新型武器的诞生提供了良好的基础。

 

本书首先从介绍信息战这一概念入手,深入研究其近十几年来的演变及其在世界几大经济政治强国的发展状况, 如美国、中国、俄罗斯、日本、印度及新加坡,并结合这些国家的具体国情展开讨论,例如,各国政府是如何根据各自的政治、外交、经济背景构想信息战这一概念和内容,以及信息战与其军事理论及军事技术发展之间的互动关系。

 

本书还介绍了信息战作为一种进攻手段是如何被使用的,尤其是其在网络空间(新型战争工具空间)的重要作用。这一工具不仅被各国政府所重视,而且还被恐怖分子、政治活动家及叛乱者广泛使用。通常无法保证其网络空间安全性的国家,如日本、新加坡、美国等,要在国防安全、经济领域及政权方面面对怎样的挑战。

 

此外,本书还引入若干个最新网络攻击案例进行分析,以便使读者能够更深入理解网络冲突 : 什么仅仅是网络犯罪,而什么才是网络空间战。 

 

(This presentation of the book has been translated by Jia Man - October 2009)

book information warfare

ISTE - UK - www.iste.co.uk    September 2009.

9781848210943 • September 2009 • 336 pages • Hardback • 234x156 mm • 50.00 £

http://www.iste.co.uk/index.php?f=x&ACTION=View&id=281 


"Information Warfare". New book available.

INFORMATION WARFARE

Daniel Ventre, CNRS – French National Center of Scientific Research, France.

ISTE - UK - www.iste.co.uk    September 2009.

http://www.iste.co.uk/index.php?f=x&ACTION=View&id=281 

book information warfare

New information technologies have contributed to the emergence of new lifestyles and modern strategic developments, but they have also provided new forms of weapons for all kinds of belligerents.

This book introduces the concept of “information warfare”, covering its evolution over the last decade and its developments among several economic and political giants: China, Russia, Japan, India and Singapore. Discussion is then given to the national particularities of these countries, such as how they imagine the concept of information warfare to be, what it comprises and how it interacts with their military doctrine and employment, as well as their specific political, diplomatic and economic contexts.

The use of information warfare as a form of attack is also covered, with particular emphasis given to cyberspace, which has become the space for a new war as the tool not only of nations but also terrorists, activists, insurgents, etc. The challenges faced by countries who usually fail in securing their cyberspace (Japan,Singapore, USA, etc.) in terms of national and defence security, and economic and power losses are also covered.

The book also introduces several analyses of recent events in terms of cyber attacks and tries to propose interpretations and tools to better understand cyber conflicts: what is merely cyber crime and what is warfare in cyberspace.

Contents :

  • 1. The United States.
  • 2. China.
  • 3. India.
  • 4. Japan.
  • 5. Russia.
  • 6. Singapore.
  • 7. Identifying aggressors and acts of aggression.
  • 8. An Information Warfare law?

Keywords : information warfare, information operations, cyberwarfare, cyberattacks, strategy, national security, cybersecurity, cyberdefense, China, Japan, USA, India, Russia, Singapore, Laws and cyberlaws

9781848210943 • September 2009 • 336 pages • Hardback • 234x156 mm • 50.00 £

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USA, Mexico & South America

Canada

Europe (incl. UK & Ireland), Middle East / Africa

Asia / Pacific Region

To buy this book:

http://www.amazon.com/Information-Warfare-Daniel-Ventre/dp/1848210949/ref=pd_nr_b_12?ie=UTF8&s=books

http://www.wiley-vch.de/publish/dt/books/forthcomingTitles/SM00/1-84821-094-9/?sID=77o0ttcif5bef6r2v22fm4cve2

http://eu.wiley.com/WileyCDA/WileyTitle/productCd-1848210949.html

http://www.amazon.co.jp/Information-Warfare-Daniel-Ventre/dp/1848210949

http://www.i-gov.org/index.php?id=14

http://bookwebpro.kinokuniya.co.jp/booksea.cgi?ISBN=1848210949

http://www.saxo.com/dk/item/daniel-ventre-information-warfare-hardback.aspx

http://www.critiquesdelivres.com/1848210949

http://astore.amazon.com/monitorlinks-20/detail/1848210949

http://www.lavoisier.fr/notice/fr1848210940.html

http://www.paddyfield.com/mainstore2/details.php?prod=9781848210943

http://www.i-gov.org/index.php?article=11340&visual=1&id=&subject=286


Cyberguerre américaine : encore une révélation?

Un groupe de recherche privé américain (il y a en a plein aux USA, alors peu importe leur nom), vient de publier un court rapport analysant les modalités du conflit qui a opposé la Russie et la Géorgie en août 2008, et plus particulièrement sa dimension cyberguerre.  

Selon CNN, l’une des conclusions majeures du rapport serait : « Cyberwarfare will accompany future military conflicts”.  (La cyberguerre accompagnera les futurs conflits militaires) (CNN - 17 août 2009. http://edition.cnn.com/2009/US/08/17/cyber.warfare/index.html#cnnSTCText)

C’est bête, personne n’y avait pensé avant !!!!  :-)

Alors juste un petit rappel pour les journalistes (américains) ou les chercheurs (américains) qui l'auraient oublié : c'est bien aux Etats-Unis que l'on a inventé les concepts (guerre de l'information, cyberguerre, netwar...). Et je ne dirai pas depuis combien d'années ces concepts sont mis en pratique, pour ne pas leur faire de peine.  

Note: impossible de savoir ce que dit vraiment ce rapport dans le détail « Because of the sensitive nature of much of the information, the full 100-page report is being released only to U.S. government officials and selected cybersecurity professionals” (CNN. 17 août 2009).  (En raison de la nature sensible de l’information, l’intégralité du rapport de 100 pages est diffusé uniquement aux membres du gouvernement américain et à des professionnels de la cybersécurité sélectionnés). Mais vu la largeur du spectre de diffusion du rapport, il est fort probable que celui-ci circulera sous peu sur Internet.

 

La Justice américaine au secours des droits d'auteur : tout en finesse!

On le sait depuis longtemps, télécharger des fichiers MP3 illicites (entendez par "illicites" les copies d'oeuvres protégées par des droits de propriété intellectuelle) c'est très vilain, car ça enlève le pain de la bouche de tous les "artistes"  - entre guillemets, car le terme est galvaudé - qui méritent de tirer profits de leur dur labeur.

Le débat est sans fin [1]. Aux deux extrêmes il y a les partisans de la copie libre, et il y a ceux qui pensent au contraire que tous les copieurs doivent être mis derrière les barreaux pour leur délit (il faudrait donc penser à agrandir les centres de détention). Et puis entre les deux il y a tous ceux qui ne pensent même pas à l'extrême gravité de leur geste :-) et qui simplement téléchargent sur internet les fichiers qui s'y trouvent, puisque après tout Internet c'est fait pour ça.

Or en la matière le Droit partout se durcit. Les auteurs font valoir leurs droits (à rémunération) et l'industrie du disque qui voudrait bien continuer à brasser des milliards (d'euros, de dollars, de yens...) mais voit l'âge d'or s'éloigner, fait également pression pour mettre la justice de son côté (comme s'il suffisait de mettre un couteau sous la gorge aux consommateurs pour les remettre dans le droit chemin). Situation absurde dans laquelle une industrie est incapable de s'adapter à l'évolution des technologies et des modes de consommation.   

Dans ce contexte répressif, bien mal en a pris à Mme Jammie Thomas, citoyenne américaine, de télécharger sur un site de P2P quelques 24 chansons de ses artistes préférés. Un bien mauvais choix en effet, car aux Etats-Unis le téléchargement de fichiers piratés est bien sûr interdit. Qui plus est au pays de Mickey on ne plaisante pas avec la loi et l'application stricte des textes (rappelons que cette fermeté est illustrée, dans son caractère le plus extrême, par l'exécution annuelle de dizaines d'êtres humains, comme en Chine, en Iran, en Corée du Nord et ailleurs, sauf que chez Mickey c'est plus juste).

Pour avoir téléchargé ces 24 chansons, Mme Jammie Thomas avait écopé de 220 000 $ de dommages et intérêts lors d'un premier jugement en 2007. Elle a fait appel de la décision (peut-être n'aurait-elle pas dû!) et lors du second jugement en 2009 la condamnation a été confirmée, portant la sanction à 1.92 millions de $. L'accusée a refusé une solution amiable que lui proposait l'industrie du disque, campe sur ses positions, refuse de plaiser coupable, et fait appel une dernière fois, remettant en cause la constitutionalité de la sanction. Hélàs pour elle le Département de la Justice vient de confirmer la constitutionalité de la condamnation : le montant de la sanction est juste.   

Bref, au pays de Mickey, mieux vaut enregistrer les chansons sur un bon vieux magnétophone à K7 (les jeunes générations ne savent même pas de quoi je parle), quitte à brancher ce dernier sur la sortie audio de son PC. Il y a plein d'émissions radio et télé, au son en qualité numérique, qui permettent de satisfaire légalement les besoins des archivistes amateurs (allez y comprendre quelque chose! Un coup c'est légal, un coup ça ne l'est pas).

Près de 2 millions de $ de dommages et intérêts pour 24 chansons, ça laisse rêveur. Certes nous ne possédons pas tous les éléments de l'affaire et ne sommes pas en mesure de l'analyser dans ses détails pour juger de l'extrême gravité de son geste et de la pertinence de la décision.

Mais à chaud, sur la base des seules informations publiées dans la presse, nous dirions que les limites de l'entendement et de l'intelligence commune sont atteintes (visiblement les juges avaient une intelligence hors normes) ou bien que le système est buggé quelque part.

Il paraît que c'est une peine qui se veut dissuasive [2]. C'est donc rassurant. Un peu comme la peine capitale finalement. qui dissuade les criminels, c'est bien connu, de passer à l'acte! Après Mme Jammie Thomas et sa condamnation exemplaire, plus un seul internaute sur le sol américain ne se laissera tenter par le vice du téléchargement, qu'on se le dise!  

Dans son malheur, Mme Jammie Thomas peut toutefois s'estimer heureuse de n'avoir pas davantage cédé le jour de son crime au plaisir du téléchargement gratuit et illicite. Quel sort lui aurait été réservé, si elle avait copié disons simplement une petite centaine de fichiers? A l'heure qu'il est, elle serait probablement déjà aux galères pour les quelques 350 prochaines années de sa vie. Alors qu'aujourdui il ne lui reste que 140 ans de traites à payer (sur la base d'un revenu mensuel au SMIC).  

Pour terminer, un petit jeu. Sachant que l'internaute qui n'a jamais fauté - c'est-à-dire téléchargé des fichiers qu'il n'aurait pas dû - n'existe pas, nous sommes tous coupables. En votre âme et conscience évaluez le montant (constitutionnel) que vous devriez verser à l'industrie du disque sur la base du tarif américain.   

[1] Ajoutons un lien intéressant pour une réflexion sur le droit d'auteur, la protection des droits, les conflits entre les partisans du libre et ceux de la propriété : http://scinfolex.wordpress.com/2009/08/13/saint-finnian-et-le-necronomicon-du-copyright/

[2] "Congress has crafted a statute that serves as a deterrent to those infringing parties who think they will go undetected in committing this great public wrong." Cité dans un article publié le 17 août 2009 sur http://www.zdnetasia.com/news/business/0,39044229,62056939,00.htm?scid=nl_z_ntnd

 


US Cyber Challenge : ou comment les USA renforcent leur potentiel de cyberguerre

Les autorités américaines viennent de lancer en ce mois de juillet 2009 un concours national visant à recruter de jeunes talents pour renforcer les capacités de cyberdéfense du pays. Ce sont ainsi quelques 10 000 talents qui doivent être recrutés. L'appel d'offre est rédigé en ces termes :

"The US Cyber Challenge is looking for 10,000 young Americans with the skills to fill the ranks of cyber security practitioners, researchers, and warriors. Some will become the top guns in cyber security. The program will nurture and develop their skills, give them access to advanced education and exercises, and where appropriate, enable them to be recognized by colleges and employers where their skills can be of the greatest value to the nation."

http://csis.org:80/uscc

Cette politique de recrutement nécessaire et urgente a été pointée du doigt par un récent rapport publié début juillet 2009 par Booz / Hallen / Hamilton, intitulé "Cyber In-Security" (http://ourpublicservice.org/OPS/publications/download.php?id=135)  qui recommande le recrutement de talents, d'experts de hauts niveaux, à tous les étages de l'administration américaine. Selon ce rapport les conditions d'une protection efficace du cyberespace gouvernemental américain ne seraient pas réunies, les meilleurs experts étant attirés par d'autres sirènes (sans doute celles du secteur privé, plus rémunérateur). Le rapport pointe d'autres failles dans le système, notamment celle de la coordination des services, redondants, manquant de coordination, voire se faisant concurrence. Ainsi le recrutement de 10 000 jeunes talents cette année ne pourra-t-il à lui seul combler les besoins de la défense américaine. Car encore faudra-t-il savoir aller plus loin dans la transformation des armées et de la sécurité (coordination, organisation, gestion des ressources humaines, etc.) Le pari n'est donc pas gagné.

Quoi qu'il en soit la défense américaine affiche sans détours et sans la moindre ambiguité la couleur : elle recrute des ingénieurs, des chercheurs et des "guerriers" (comment traduire autrement le terme "warriors" : gens de guerre, soldats...?) Or il est peu probable que l'on cantonne des "warriors" à une seule tâche de défense passive.

3 catégories pour candidater et concourir : CyberPatriot Defense Competition (http://www.highschoolcdc.com/), DC3 Digital Forensics Challenge (http://www.dc3.mil/challenge/), Netwars Capture-the-Flag Competition (http://www.sans.org/netwars/).

Après ça, il n'estr plus possible d'accuser la Chine de se doter de cellules spécifiques de guerre de l'information au sein de ses armées, ou la Corée du Nord de disposer de quelques centaines de pirates informatiques à la solde de l'armée (ce dont personne n'est d'ailleurs encore certain).

Le "Cyberspace Policy Review Document from the White House" (http://www.whitehouse.gov/files/documents/cyber/The%20United%20States%20Cyber%20Challenge%201.1%20%28updated%205-8-09%29.pdf) propose aux jeunes de participer à l'histoire de la nation, à l'image des précédentes générations qui, comme dans les années 1950 et 1960, ont participé à la course pour l'espace, aux missions de la NASA. Il s'agit aujourd'hui encore de devenir des héros des temps modernes, tout en contribuant à la sécurité du pays. Les USA doivent rattraper leur retard sur d'autres nations, et particulièrement la Chine. Le texte fournit d'ailleurs en exemple (storrytelling?) le parcours d'un jeune chinois talentueux recruté par l'armée de son pays pour mener des opérations de piratage contre d'autres nations, au rang desquelles bien sûr les Etats-Unis.

En choisissant de faire un appel à candidatures public, largement médiatisé, le gouvernement choisit la voie de la lumière, par opposition au "dark side" dans lequel pourraient se fourvoyer quelques talents.

La cause doit être défendue en urgence/ Hélàs, en la matière, l'ennemi, le dark side, le "malicious attacker" a toujours une longueur d'avance : "sadly, there is no shortage of talent on the malicious attacker side of the equation".

Seule certitude : ces préparatifs laissent augurer de nouvelles turbulences dans le cyberespace pour les années à venir, puisqu'on est lancé dans une nouvelle course, qui a davantage les traits d'un affrontement que d'une compétition pacifique.

Mais on pourrait imaginer des appels à candidature aussi largement ouverts, sur des thèmes plus inquiétants encore : imaginons le recrutement de 10 000 experts (researchers and warriors) en guerre chimique, bactériologique, ou nucléaire.

cyber challenge USA
http://www.sans.org/uscc/cyber_challenge.pdf

 


Revue MISC - n°44 - Juillet-Août 2009

Au sommaire de ce numéro 44 de la revue MISC :

Société

  • [04-13] All your pills are belong to us (1/2)

Dossier

Compromissions électromagnétiques : Quand vos machines diffusent vos données à votre insu

  • [14-21] La compromission électromagnétique
  • [22-27] Émanations électromagnétiques compromettantes des claviers filaires et sans fil
  • [28-37] Organiser la fuite d’information d’un poste isolé : méthodes logicielles

Réseau

  • [38-43] Attaque des numéros de séquences cryptographiques sur OSPF

Code

  • [44-53] Des échanges SOAP propres et sans bavure : signature et chiffrement

Science & technologie

  • [54-63] Courbes elliptiques et attaques par canaux auxiliaires
  • [64-74] Vulgarisation des aspects formels de la notion de furtivité

Application

  • [76-82] La sécurité des wikis

 


Spams et comportements curieux

« A Look at Consumers’ Awareness of Email Security and Practices ». Rapport de recherches effectuées par le Messaging Anti-Abuse Working Group (MAAWG) (www.MAAWG.org) publié en juillet 2009.

 

Le rapport sous titré « Of course, I never Reply to Spam – Except Sometimes » analyse les comportements des internautes face au spam. Cette étude s’appuie sur une enquête réalisée auprès de 800 internautes (nord américains et canadiens) non experts en sécurité informatique, et cherche à mesurer le degré de conscience des internautes des dangers qui les guettent : spam frauduleux, botnets, virus…

 

Aux yeux de ces internautes, les mails concernant les amis et la famille sont plus importants que tout autre sujet. En queue de peloton, parmi les courriers sans importance, on trouve les « newsletters » auxquelles on a pourtant souscrit (pas la peine donc de persister dans ce mode de communication !) et les services de marketing en provenance de sources connues. Le rapport propose diverses informations statistiques du même acabit qui permettent de reconsidérer les utilisations du courrier électronique. 

 

Le rapport confirme aussi que les usurpateurs d’identité et autres spammeurs ont encore de beaux jours devant eux : 67% des personnes interrogées évaluent la nature d’un mail (spam ou pas spam ?) à la seule vue du nom de l’expéditeur, puis à celle de l’objet (« subject).

 

Si 78% des internautes effacent sans ouvrir les mails qu’ils pensent être des spams, 6% de curieux les ouvrent avant de les effacer (12% des internautes interrogés qui s’estiment eux-mêmes très expérimentés en sécurité, ouvrent les spams).  

 

66% des internautes effacent les mails à caractère frauduleux. Mais 7% ne font rien ( !?), 2% appellent leur conjoint, 1% appelle la famille.

 * cette statistique crée ainsi curieusement deux catégories, celle du conjoint (« spouse » dans le texte) et celle de la famille. Ce qui fera plaisir aux conjoints, de savoir qu’ils ne font pas partie de la famille J

* rien n’est dit sur le type de support que ces internautes attendent de leur conjoint en pareille situation… On reste perplexe. « Allô, chérie ? Je suis face à un mail frauduleux ! Que dois-je faire ? » (2%) Réponse de la conjointe : « Rien, surtout ne bouge pas ! » (7%). Le conjoint curieux clique pour lire plus en détail, s’estimant expert en sécurité (12%). Puis l’efface (66%), heureux d’avoir un comportement enfin dans la norme.

* La tranche des 25-34 ans paraît plus prompte que les autres à appeler son conjoint dans une telle situation (4%)

* La tranche des plus de 65 ans ne s’intéresse par contre plus du tout au conjoint dans cette situation (la pyramide des âges a été fatale à la relation de confiance entre conjoints), puisque 0% y fait appel. Par contre les anciens ont ceci de commun avec les p’tits jeunes, qu’ils s’accrochent davantage à leurs copains (3% des plus de 65% ans appellent un ami, 6% pour les 18-24 ans).

* 2% de ceux qui se déclarent très expérimentés en sécurité appellent leur conjoint. Alors si dans votre entreprise vous avez placé au poste de responsable de la sécurité l’un de vos salariés simplement parce qu’il s’estimait expérimenté en la matière, vous avez des chances (risques ?) que la solution de sécurité préconisée ne soit pas la sienne mais celle que lui aura soufflé son ou sa conjoint(e).

* Quand on demande à ces 800 internautes ce qui pourrait faire cesser le spam et les virus, 27% n’ont aucune idée, 8 % pensent que c’est le rôle du gouvernement. Mais en ce cas il leur faudra vraiment un super président, car arrêter des milliards de spams risque s’avérer plus difficile que de mettre un terme à la crise économique.

 

Le rapport est disponible aux adresses suivantes :

Partie I du rapport :

http://www.maawg.org/about/publishedDocuments/2009_MAAWG-Consumer_Survey-Part1.pdf

Partie II du rapport :

http://www.maawg.org/about/publishedDocuments/2009_MAAWG-Consumer_Survey-Part2.zip


eBay et ses chiffres

Rien à voir avec la guerre de l'information me direz-vous... alors juste pour le fun. On peut lire sur le site Zdnet un billet concernant les résultats nets d'eBay pour ce dernier trimestre. http://www.zdnet.fr:80/actualites/internet/0,39020774,39702719,00.htm?xtor=EPR-100

"Après un reflux du commerce électronique fin 2008/début 2009, aujourd'hui, "autant qu'on puisse en juger, le marché est stable", a commenté John Donahoe durant une téléconférence avec des analystes. Il a même fait part d'une "légère accélération" durant la deuxième quinzaine de juin".

Cette semaine (certes en plein mois de juillet!) je suis allé faire un tour sur le site de vente aux enchères (eBay en .fr). Toute activité semble y être complètement paralysée, la majorité des articles en vente affichant 0 enchères, et des articles à des prix dérisoires ne trouvant visiblement aucun acheteur.

Les statistiques de fréquentation du site français (faire une recherche sur Alexa.com) montrent bien une chute régulière de l'activité depuis 2008. Soit c'est la crise que l'on visualise ici, soit tout simplement la perte de vitesse du service, et ce indépendamment de la crise économique. La situation internationale globale pour eBay est peut-être fort différente de ce qu'elle n'est dans l'hexagone, les résultats pouvant être portés par les activités réalisées dans d'autres parties du monde. Mais pour eBay.fr, le terme "stable" semble, au mieux, le plus approprié. A moins que le chiffre d'affaire du site ne soit indépendant de sa fréquentation...

 

ebay.fr stats
courbe réalisée sur Alexa.com le 24 juillet 2009. http://www.alexa.com/siteinfo/ebay.fr

Chine : émeutes au Xinjiang et guerre de l'information?

Depuis dimanche 5 juillet 2009 des affrontements sanglants réprimés par la force par les autorités de Pékin agitent la province de Xinjiang. La tension, permanente depuis 1948 entre le gouvernement de Pékin et cette province, est même ancrée dans l'histoire de la Chine (http://www.lexpress.fr/actualite/monde/asie/pour-pekin-le-xinjiang-est-plus-dangereux-que-le-tibet_772682.html). Les émeutes qui ont fait des centaines de victimes en ce début juillet ont opposé les communautés musulmanes (Uighurs) et hans. L'une des origines de la flambée de violence de cette semaine serait la mort de deux Uighurs survenue le mois dernier au cours d'un affrontement entre ouvriers des communautés Uighur et Han (information BBC News reprise sur http://club.pchome.net/topic_1_15_3804013.html) à Guangdong. Mais était-ce là la vraie raison ou seulement un prétexte, une étincelle? La révolte n'a-t-elle pas d'autres origines, économiques notamment (http://china.globaltimes.cn/society/2009-07/443396.html)?

Au rang des incidents les plus violents dans la région au cours de ces derniers mois, rappelons l'attaque armée qui coûta la vie à 16 policiers chinois dans la ville de Kashi début août 2008, ou encore celle qui coûta la vie à 3 policiers fin août 2008 (http://abcnews.go.com/International/wireStory?id=5673592), etc.  La menace terroriste est d'autre part omniprésente dans cette région : la menace du mouvement terroriste "East Turkistan Islamic Movement" planait sur la Chine à la veille des Jeux Olympiques. La police de Xinjiang aurait alors arrêté 82 personnes appartenant à 5 groupes terroristes au cours du premier semestrre 2008. Le conseil d'Etat chinois a publié en 2002 un rapport sur le terrorisme dans cette province qui recensait 162 tués et 440 blessés dus à des actions terroristes depuis 1990. La province est notamment, rappelons-le, frontalière de l'Inde, du Pakistan, de l'Afghanistan. Dans le contexte post 11 septembre 2001, la province est vue comme le berceau de terroristes Uighurs liés à Al-Qaeda (http://www.ccc.nps.navy.mil/si/sept02/eastAsia.asp). La guerre chinoise contre le terrorisme s'est ainsi focalisée depuis 2001 sur la province du Xinjiang, lutte ponctuée de petites victoires (5 janvier 2009, démantèlement d'un camp de terroristes. http://www.chine-informations.com/actualite/chine-pekin-annonce-le-demantelement-un-camp-terroriste-dans-le-xinjiang_5791.html)

Certains affirment que la situation est encore plus tendue au Xinjiang qu'au Tibet, même si elle est beaucoup moins médiatisée. Les risques d'insurrection dans cette province, ont été le prétexte à une politique de répression menée par Pékin depuis 2001 dans le cadre de la lutte anti-terrorisme.

Rappelons que pour Pékin toute velleité insurrectionnelle représente une menace majeure pour l'unité du pays, et de fait l'une des menaces que les autorités se doivent de contrer, affronter. Selon les autorités chinoises cette révolte de juillet 2009 serait fomentée et dirigée par le groupe séparatiste World Uyghur Congress, dont le leader est Rebiya Kadeer (http://china.globaltimes.cn/society/2009-07/443396.html) exilée ouïgoure nominée pour le prix Nobel de la paix en 2006 (http://www.chine-informations.com/actualite/chine-pekin-annonce-le-demantelement-un-camp-terroriste-dans-le-xinjiang_5791.html). Selon la police chinoise le mouvement de rébellion aurait été dirigé depuis l'étranger (http://blogadmin.romandie.com/admin.php?op=editPost&postId=161408)

La médiatisation internationale sera probablement de peu d'effet sur l'attitude des autorités de Pékin dans cette affaire, car leur action est légitimée, selon elles, par la lutte anti-terroriste, la préservation de l'unité nationale.

La médiatisation des affrontements va prendre, comme c'est désormais l'usage courant, le chemin des sites internet d'information, des sites personnels (http://twitter.com/heicailiao, http://twitter.com/melissakchan...), des blogs, des plates-formes d'échanges, des communautés virtuelles, des téléphones portables, tout autant que de la presse écrite ou radio-télévisée traditionnelle.

Des vidéos circuleront rapidement, montrant les violences de part et d'autre. Des images seront publiées, qui montreront les dégats provoqués par les émeutes. Parfois on retrouvera, comme c'est souvent le cas, des images que l'on n'aura pas pris le temps de valider et qui seront sans rapport avec les évènements en cours ("Several popular sites showed images claiming to be from the riots -- including one of a badly-mutilated body whose head had been almost hacked off. Reuters has not been able to verify the authenticity of the pictures, many of which, like the one of the dead body, were removed after only a short time on the Internet". http://www.itbusinessnet.com/articles/viewarticle.jsp?id=791423)

Peut-être verrons-nous aussi des appels à "représailles", mêlés aux expressions de colère, contre les sites des autorités chinoises ou autres acteurs impliqués dans les émeutes et leur règlement violent, sous l'effet de l'action conjuguée de membres des diasporas, de sympathisants à la cause du "faible", de mouvements religieux (car ce qui semble en jeu dans ces émeutes est l'opposition entre chinois musulmans et chinois hans), de communautés d'horizons divers promptes à dégainer dès lors qu'il s'agit de tirer sur des sites officiels (les slogans de défense de la démocratie et des droits de l'homme étant même pour certains davantage un prétexte que des valeurs réelles à porter).

D'ici quelques jours on annoncera peut-être encore des attaques de type DDoS contre des sites chinois et musulmans. Quelques jours après la rédaction de cet article (6 juillet), on annonce que des hackers chinois (hacktivistes ou hackers nationalistes?) auraient attaqué le site internet de l'ambassade de Turquie à Pékin (15 juillet 2009. http://www.secuobs.com/revue/news/120697.shtml et http://www.hackinthebox.org/index.php?name=News&file=article&sid=32286), après que la Turquie ait qualifié de génocide la violence edthnique au Xinjiang. Quelques jours plus tôt le groupe de hackers turcs 'Ay Yildiz Team' s'en est pris à des sites basés en Chine. Rappelons que ce groupe avait déjà fait la une en juillet 2008 grâce à un article du magazine German Focus : dans cet article il était dit que le groupe Ay Yildiz Team avait piraté les systèmes de la Commission européenne et tenté de dérober des informations sensibles (http://en.apa.az/news.php?id=52032).

On parlera probablement aussi de tentatives de musellement de l'expression de l'insurrection par des actions de type guerre de l'information menées par les autorités chinoises :

* les autorités chinoises auraient déjà coupé depuis dimanche les connexions à Internet dans la province de Xinjiang (http://www.computerworld.com.au/videoview/310134).

* nombre de sites seraient inaccessibles depuis Pékin : les sites des titres de presse Xinjiang Daily (新疆日报  http://www.xjdaily.com/), Xinjiang Metropolis Daily (新疆都市报: http://epaper.xjts.cn/), Xinjiang Legal Daily (新疆法制报: http://www.xjfzb.com/xjfzbindex.asp), Morning Post (新疆都市消费晨报: http://epaper.168cb.com/) et des portails d'information comme iYaxin (亚心网: http://www.iyaxin.com/) ou Tianshan (新疆新闻总汇: http://www.tianshannet.com/) (tous ces sites sont énumérés dans l'article "Reporting in Xinjiang" publié sur http://www.danwei.org/ le 7 juillet 2009).

* "China tightens Web screws after Xinjiang riot" (http://www.itbusinessnet.com/articles/viewarticle.jsp?id=791423). Depuis dimanche 5 juillet Twitter serait inaccessible en Chine, d'autres outils seraient censurés (la recherche sur des mots clefs comme Urumqi, Xinjiang, ne donnerait aucun résultat sur Fanfou.com), les sites internet de la ville de Urumqi et de la région de Xinjiang seraient indisponibles, des contenus auraient été effacés de certains sites (des commentaires postés sur le bulletin pchome.net auraient été remplacés par la phrase This posting does not exist) 

Questions :     

* la manifestation de l'opinion internationale sur le web, quand bien même prendrait-elle la forme d'une vague mondiale de protestation ou de soutien à une cause, a-t-elle un impact décisif sur le déroulement et l'issue des crises ou des conflits? Ici rapporter les violences, les dénoncer, les observer, nous permet en tant que citoyens du monde, informés, de savoir ce qui se passe à l'autre bout de la planète. Bien. Mais au-delà de ce constat, l'expression même massive d'opinions publiques peut-elle influer sur l'attitude des gouvernants et des acteurs de ces manifestations de violences, tous partis confondus? Ne nous intéressons pas ici à la question de savoir qui a tort ou raison, qui est l'oppresseur et qui est l'opprimé, mais juste de savoir si la diffusion de vidéos sur le web, de messages de dénonciation ou de soutien, et des attaques informatiques (piratage, pour résumer!) peuvent influer sur le cours des évènements.  

* quel est l'impact de l'usage de ces outils que l'on qualifie parfois d'"anticensure"? (http://www.net-stream.fr/Net/Acteurs-du-Net/Chine-Twitter-et-YouTube-medias-anticensure-face-aux-violences-du-Xinjiang_21_201__70960.html)

* N'y a-t-il pas trop de causes à défendre? Les hackers justiciers ont-ils eux-mêmes les moyens de suivre le rythme imposé par la succession des évènements?

* l'opinion internationale n'est pas mobilisable sur le long terme autour d'un même sujet. Il n'est que voir les courbes proposées sur Google Trends ou Alexa.com pour s'en convaincre. L'opinion internationale "papillonne", d'un sujet à l'autre, portée par les évènements. De là à dire qu'elle a le pouvoir d'en influencer le cours, il y a de toute évidence un pas difficile à franchir.  

* le relais dans l'opinion internationale des images des violences Uighures va-t-il jouer en faveur de la reconnaissance et de la défense des raisons de cette violence (la défense d'une identité?) La violence va-t-elle être légitimiée et la force employée par les autorités chinoises ne va-t-elle pas de nouveau être utilisée contre Pékin, renforçant la communauté Uighur dans un rôle de victime face à un pouvoir central fort et sourd aux revendications de séparatisme? Que peut gagner la défense d'une identité, en supposant que cela soit la raison des émeutes, dans le relai médiatique international?