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Guerre de l'information - Information Warfare

US Cyber Challenge : ou comment les USA renforcent leur potentiel de cyberguerre

Les autorités américaines viennent de lancer en ce mois de juillet 2009 un concours national visant à recruter de jeunes talents pour renforcer les capacités de cyberdéfense du pays. Ce sont ainsi quelques 10 000 talents qui doivent être recrutés. L'appel d'offre est rédigé en ces termes :

"The US Cyber Challenge is looking for 10,000 young Americans with the skills to fill the ranks of cyber security practitioners, researchers, and warriors. Some will become the top guns in cyber security. The program will nurture and develop their skills, give them access to advanced education and exercises, and where appropriate, enable them to be recognized by colleges and employers where their skills can be of the greatest value to the nation."

http://csis.org:80/uscc

Cette politique de recrutement nécessaire et urgente a été pointée du doigt par un récent rapport publié début juillet 2009 par Booz / Hallen / Hamilton, intitulé "Cyber In-Security" (http://ourpublicservice.org/OPS/publications/download.php?id=135)  qui recommande le recrutement de talents, d'experts de hauts niveaux, à tous les étages de l'administration américaine. Selon ce rapport les conditions d'une protection efficace du cyberespace gouvernemental américain ne seraient pas réunies, les meilleurs experts étant attirés par d'autres sirènes (sans doute celles du secteur privé, plus rémunérateur). Le rapport pointe d'autres failles dans le système, notamment celle de la coordination des services, redondants, manquant de coordination, voire se faisant concurrence. Ainsi le recrutement de 10 000 jeunes talents cette année ne pourra-t-il à lui seul combler les besoins de la défense américaine. Car encore faudra-t-il savoir aller plus loin dans la transformation des armées et de la sécurité (coordination, organisation, gestion des ressources humaines, etc.) Le pari n'est donc pas gagné.

Quoi qu'il en soit la défense américaine affiche sans détours et sans la moindre ambiguité la couleur : elle recrute des ingénieurs, des chercheurs et des "guerriers" (comment traduire autrement le terme "warriors" : gens de guerre, soldats...?) Or il est peu probable que l'on cantonne des "warriors" à une seule tâche de défense passive.

3 catégories pour candidater et concourir : CyberPatriot Defense Competition (http://www.highschoolcdc.com/), DC3 Digital Forensics Challenge (http://www.dc3.mil/challenge/), Netwars Capture-the-Flag Competition (http://www.sans.org/netwars/).

Après ça, il n'estr plus possible d'accuser la Chine de se doter de cellules spécifiques de guerre de l'information au sein de ses armées, ou la Corée du Nord de disposer de quelques centaines de pirates informatiques à la solde de l'armée (ce dont personne n'est d'ailleurs encore certain).

Le "Cyberspace Policy Review Document from the White House" (http://www.whitehouse.gov/files/documents/cyber/The%20United%20States%20Cyber%20Challenge%201.1%20%28updated%205-8-09%29.pdf) propose aux jeunes de participer à l'histoire de la nation, à l'image des précédentes générations qui, comme dans les années 1950 et 1960, ont participé à la course pour l'espace, aux missions de la NASA. Il s'agit aujourd'hui encore de devenir des héros des temps modernes, tout en contribuant à la sécurité du pays. Les USA doivent rattraper leur retard sur d'autres nations, et particulièrement la Chine. Le texte fournit d'ailleurs en exemple (storrytelling?) le parcours d'un jeune chinois talentueux recruté par l'armée de son pays pour mener des opérations de piratage contre d'autres nations, au rang desquelles bien sûr les Etats-Unis.

En choisissant de faire un appel à candidatures public, largement médiatisé, le gouvernement choisit la voie de la lumière, par opposition au "dark side" dans lequel pourraient se fourvoyer quelques talents.

La cause doit être défendue en urgence/ Hélàs, en la matière, l'ennemi, le dark side, le "malicious attacker" a toujours une longueur d'avance : "sadly, there is no shortage of talent on the malicious attacker side of the equation".

Seule certitude : ces préparatifs laissent augurer de nouvelles turbulences dans le cyberespace pour les années à venir, puisqu'on est lancé dans une nouvelle course, qui a davantage les traits d'un affrontement que d'une compétition pacifique.

Mais on pourrait imaginer des appels à candidature aussi largement ouverts, sur des thèmes plus inquiétants encore : imaginons le recrutement de 10 000 experts (researchers and warriors) en guerre chimique, bactériologique, ou nucléaire.

cyber challenge USA
http://www.sans.org/uscc/cyber_challenge.pdf

 


Revue MISC - n°44 - Juillet-Août 2009

Au sommaire de ce numéro 44 de la revue MISC :

Société

  • [04-13] All your pills are belong to us (1/2)

Dossier

Compromissions électromagnétiques : Quand vos machines diffusent vos données à votre insu

  • [14-21] La compromission électromagnétique
  • [22-27] Émanations électromagnétiques compromettantes des claviers filaires et sans fil
  • [28-37] Organiser la fuite d’information d’un poste isolé : méthodes logicielles

Réseau

  • [38-43] Attaque des numéros de séquences cryptographiques sur OSPF

Code

  • [44-53] Des échanges SOAP propres et sans bavure : signature et chiffrement

Science & technologie

  • [54-63] Courbes elliptiques et attaques par canaux auxiliaires
  • [64-74] Vulgarisation des aspects formels de la notion de furtivité

Application

  • [76-82] La sécurité des wikis

 


Spams et comportements curieux

« A Look at Consumers’ Awareness of Email Security and Practices ». Rapport de recherches effectuées par le Messaging Anti-Abuse Working Group (MAAWG) (www.MAAWG.org) publié en juillet 2009.

 

Le rapport sous titré « Of course, I never Reply to Spam – Except Sometimes » analyse les comportements des internautes face au spam. Cette étude s’appuie sur une enquête réalisée auprès de 800 internautes (nord américains et canadiens) non experts en sécurité informatique, et cherche à mesurer le degré de conscience des internautes des dangers qui les guettent : spam frauduleux, botnets, virus…

 

Aux yeux de ces internautes, les mails concernant les amis et la famille sont plus importants que tout autre sujet. En queue de peloton, parmi les courriers sans importance, on trouve les « newsletters » auxquelles on a pourtant souscrit (pas la peine donc de persister dans ce mode de communication !) et les services de marketing en provenance de sources connues. Le rapport propose diverses informations statistiques du même acabit qui permettent de reconsidérer les utilisations du courrier électronique. 

 

Le rapport confirme aussi que les usurpateurs d’identité et autres spammeurs ont encore de beaux jours devant eux : 67% des personnes interrogées évaluent la nature d’un mail (spam ou pas spam ?) à la seule vue du nom de l’expéditeur, puis à celle de l’objet (« subject).

 

Si 78% des internautes effacent sans ouvrir les mails qu’ils pensent être des spams, 6% de curieux les ouvrent avant de les effacer (12% des internautes interrogés qui s’estiment eux-mêmes très expérimentés en sécurité, ouvrent les spams).  

 

66% des internautes effacent les mails à caractère frauduleux. Mais 7% ne font rien ( !?), 2% appellent leur conjoint, 1% appelle la famille.

 * cette statistique crée ainsi curieusement deux catégories, celle du conjoint (« spouse » dans le texte) et celle de la famille. Ce qui fera plaisir aux conjoints, de savoir qu’ils ne font pas partie de la famille J

* rien n’est dit sur le type de support que ces internautes attendent de leur conjoint en pareille situation… On reste perplexe. « Allô, chérie ? Je suis face à un mail frauduleux ! Que dois-je faire ? » (2%) Réponse de la conjointe : « Rien, surtout ne bouge pas ! » (7%). Le conjoint curieux clique pour lire plus en détail, s’estimant expert en sécurité (12%). Puis l’efface (66%), heureux d’avoir un comportement enfin dans la norme.

* La tranche des 25-34 ans paraît plus prompte que les autres à appeler son conjoint dans une telle situation (4%)

* La tranche des plus de 65 ans ne s’intéresse par contre plus du tout au conjoint dans cette situation (la pyramide des âges a été fatale à la relation de confiance entre conjoints), puisque 0% y fait appel. Par contre les anciens ont ceci de commun avec les p’tits jeunes, qu’ils s’accrochent davantage à leurs copains (3% des plus de 65% ans appellent un ami, 6% pour les 18-24 ans).

* 2% de ceux qui se déclarent très expérimentés en sécurité appellent leur conjoint. Alors si dans votre entreprise vous avez placé au poste de responsable de la sécurité l’un de vos salariés simplement parce qu’il s’estimait expérimenté en la matière, vous avez des chances (risques ?) que la solution de sécurité préconisée ne soit pas la sienne mais celle que lui aura soufflé son ou sa conjoint(e).

* Quand on demande à ces 800 internautes ce qui pourrait faire cesser le spam et les virus, 27% n’ont aucune idée, 8 % pensent que c’est le rôle du gouvernement. Mais en ce cas il leur faudra vraiment un super président, car arrêter des milliards de spams risque s’avérer plus difficile que de mettre un terme à la crise économique.

 

Le rapport est disponible aux adresses suivantes :

Partie I du rapport :

http://www.maawg.org/about/publishedDocuments/2009_MAAWG-Consumer_Survey-Part1.pdf

Partie II du rapport :

http://www.maawg.org/about/publishedDocuments/2009_MAAWG-Consumer_Survey-Part2.zip


eBay et ses chiffres

Rien à voir avec la guerre de l'information me direz-vous... alors juste pour le fun. On peut lire sur le site Zdnet un billet concernant les résultats nets d'eBay pour ce dernier trimestre. http://www.zdnet.fr:80/actualites/internet/0,39020774,39702719,00.htm?xtor=EPR-100

"Après un reflux du commerce électronique fin 2008/début 2009, aujourd'hui, "autant qu'on puisse en juger, le marché est stable", a commenté John Donahoe durant une téléconférence avec des analystes. Il a même fait part d'une "légère accélération" durant la deuxième quinzaine de juin".

Cette semaine (certes en plein mois de juillet!) je suis allé faire un tour sur le site de vente aux enchères (eBay en .fr). Toute activité semble y être complètement paralysée, la majorité des articles en vente affichant 0 enchères, et des articles à des prix dérisoires ne trouvant visiblement aucun acheteur.

Les statistiques de fréquentation du site français (faire une recherche sur Alexa.com) montrent bien une chute régulière de l'activité depuis 2008. Soit c'est la crise que l'on visualise ici, soit tout simplement la perte de vitesse du service, et ce indépendamment de la crise économique. La situation internationale globale pour eBay est peut-être fort différente de ce qu'elle n'est dans l'hexagone, les résultats pouvant être portés par les activités réalisées dans d'autres parties du monde. Mais pour eBay.fr, le terme "stable" semble, au mieux, le plus approprié. A moins que le chiffre d'affaire du site ne soit indépendant de sa fréquentation...

 

ebay.fr stats
courbe réalisée sur Alexa.com le 24 juillet 2009. http://www.alexa.com/siteinfo/ebay.fr

Chine : émeutes au Xinjiang et guerre de l'information?

Depuis dimanche 5 juillet 2009 des affrontements sanglants réprimés par la force par les autorités de Pékin agitent la province de Xinjiang. La tension, permanente depuis 1948 entre le gouvernement de Pékin et cette province, est même ancrée dans l'histoire de la Chine (http://www.lexpress.fr/actualite/monde/asie/pour-pekin-le-xinjiang-est-plus-dangereux-que-le-tibet_772682.html). Les émeutes qui ont fait des centaines de victimes en ce début juillet ont opposé les communautés musulmanes (Uighurs) et hans. L'une des origines de la flambée de violence de cette semaine serait la mort de deux Uighurs survenue le mois dernier au cours d'un affrontement entre ouvriers des communautés Uighur et Han (information BBC News reprise sur http://club.pchome.net/topic_1_15_3804013.html) à Guangdong. Mais était-ce là la vraie raison ou seulement un prétexte, une étincelle? La révolte n'a-t-elle pas d'autres origines, économiques notamment (http://china.globaltimes.cn/society/2009-07/443396.html)?

Au rang des incidents les plus violents dans la région au cours de ces derniers mois, rappelons l'attaque armée qui coûta la vie à 16 policiers chinois dans la ville de Kashi début août 2008, ou encore celle qui coûta la vie à 3 policiers fin août 2008 (http://abcnews.go.com/International/wireStory?id=5673592), etc.  La menace terroriste est d'autre part omniprésente dans cette région : la menace du mouvement terroriste "East Turkistan Islamic Movement" planait sur la Chine à la veille des Jeux Olympiques. La police de Xinjiang aurait alors arrêté 82 personnes appartenant à 5 groupes terroristes au cours du premier semestrre 2008. Le conseil d'Etat chinois a publié en 2002 un rapport sur le terrorisme dans cette province qui recensait 162 tués et 440 blessés dus à des actions terroristes depuis 1990. La province est notamment, rappelons-le, frontalière de l'Inde, du Pakistan, de l'Afghanistan. Dans le contexte post 11 septembre 2001, la province est vue comme le berceau de terroristes Uighurs liés à Al-Qaeda (http://www.ccc.nps.navy.mil/si/sept02/eastAsia.asp). La guerre chinoise contre le terrorisme s'est ainsi focalisée depuis 2001 sur la province du Xinjiang, lutte ponctuée de petites victoires (5 janvier 2009, démantèlement d'un camp de terroristes. http://www.chine-informations.com/actualite/chine-pekin-annonce-le-demantelement-un-camp-terroriste-dans-le-xinjiang_5791.html)

Certains affirment que la situation est encore plus tendue au Xinjiang qu'au Tibet, même si elle est beaucoup moins médiatisée. Les risques d'insurrection dans cette province, ont été le prétexte à une politique de répression menée par Pékin depuis 2001 dans le cadre de la lutte anti-terrorisme.

Rappelons que pour Pékin toute velleité insurrectionnelle représente une menace majeure pour l'unité du pays, et de fait l'une des menaces que les autorités se doivent de contrer, affronter. Selon les autorités chinoises cette révolte de juillet 2009 serait fomentée et dirigée par le groupe séparatiste World Uyghur Congress, dont le leader est Rebiya Kadeer (http://china.globaltimes.cn/society/2009-07/443396.html) exilée ouïgoure nominée pour le prix Nobel de la paix en 2006 (http://www.chine-informations.com/actualite/chine-pekin-annonce-le-demantelement-un-camp-terroriste-dans-le-xinjiang_5791.html). Selon la police chinoise le mouvement de rébellion aurait été dirigé depuis l'étranger (http://blogadmin.romandie.com/admin.php?op=editPost&postId=161408)

La médiatisation internationale sera probablement de peu d'effet sur l'attitude des autorités de Pékin dans cette affaire, car leur action est légitimée, selon elles, par la lutte anti-terroriste, la préservation de l'unité nationale.

La médiatisation des affrontements va prendre, comme c'est désormais l'usage courant, le chemin des sites internet d'information, des sites personnels (http://twitter.com/heicailiao, http://twitter.com/melissakchan...), des blogs, des plates-formes d'échanges, des communautés virtuelles, des téléphones portables, tout autant que de la presse écrite ou radio-télévisée traditionnelle.

Des vidéos circuleront rapidement, montrant les violences de part et d'autre. Des images seront publiées, qui montreront les dégats provoqués par les émeutes. Parfois on retrouvera, comme c'est souvent le cas, des images que l'on n'aura pas pris le temps de valider et qui seront sans rapport avec les évènements en cours ("Several popular sites showed images claiming to be from the riots -- including one of a badly-mutilated body whose head had been almost hacked off. Reuters has not been able to verify the authenticity of the pictures, many of which, like the one of the dead body, were removed after only a short time on the Internet". http://www.itbusinessnet.com/articles/viewarticle.jsp?id=791423)

Peut-être verrons-nous aussi des appels à "représailles", mêlés aux expressions de colère, contre les sites des autorités chinoises ou autres acteurs impliqués dans les émeutes et leur règlement violent, sous l'effet de l'action conjuguée de membres des diasporas, de sympathisants à la cause du "faible", de mouvements religieux (car ce qui semble en jeu dans ces émeutes est l'opposition entre chinois musulmans et chinois hans), de communautés d'horizons divers promptes à dégainer dès lors qu'il s'agit de tirer sur des sites officiels (les slogans de défense de la démocratie et des droits de l'homme étant même pour certains davantage un prétexte que des valeurs réelles à porter).

D'ici quelques jours on annoncera peut-être encore des attaques de type DDoS contre des sites chinois et musulmans. Quelques jours après la rédaction de cet article (6 juillet), on annonce que des hackers chinois (hacktivistes ou hackers nationalistes?) auraient attaqué le site internet de l'ambassade de Turquie à Pékin (15 juillet 2009. http://www.secuobs.com/revue/news/120697.shtml et http://www.hackinthebox.org/index.php?name=News&file=article&sid=32286), après que la Turquie ait qualifié de génocide la violence edthnique au Xinjiang. Quelques jours plus tôt le groupe de hackers turcs 'Ay Yildiz Team' s'en est pris à des sites basés en Chine. Rappelons que ce groupe avait déjà fait la une en juillet 2008 grâce à un article du magazine German Focus : dans cet article il était dit que le groupe Ay Yildiz Team avait piraté les systèmes de la Commission européenne et tenté de dérober des informations sensibles (http://en.apa.az/news.php?id=52032).

On parlera probablement aussi de tentatives de musellement de l'expression de l'insurrection par des actions de type guerre de l'information menées par les autorités chinoises :

* les autorités chinoises auraient déjà coupé depuis dimanche les connexions à Internet dans la province de Xinjiang (http://www.computerworld.com.au/videoview/310134).

* nombre de sites seraient inaccessibles depuis Pékin : les sites des titres de presse Xinjiang Daily (新疆日报  http://www.xjdaily.com/), Xinjiang Metropolis Daily (新疆都市报: http://epaper.xjts.cn/), Xinjiang Legal Daily (新疆法制报: http://www.xjfzb.com/xjfzbindex.asp), Morning Post (新疆都市消费晨报: http://epaper.168cb.com/) et des portails d'information comme iYaxin (亚心网: http://www.iyaxin.com/) ou Tianshan (新疆新闻总汇: http://www.tianshannet.com/) (tous ces sites sont énumérés dans l'article "Reporting in Xinjiang" publié sur http://www.danwei.org/ le 7 juillet 2009).

* "China tightens Web screws after Xinjiang riot" (http://www.itbusinessnet.com/articles/viewarticle.jsp?id=791423). Depuis dimanche 5 juillet Twitter serait inaccessible en Chine, d'autres outils seraient censurés (la recherche sur des mots clefs comme Urumqi, Xinjiang, ne donnerait aucun résultat sur Fanfou.com), les sites internet de la ville de Urumqi et de la région de Xinjiang seraient indisponibles, des contenus auraient été effacés de certains sites (des commentaires postés sur le bulletin pchome.net auraient été remplacés par la phrase This posting does not exist) 

Questions :     

* la manifestation de l'opinion internationale sur le web, quand bien même prendrait-elle la forme d'une vague mondiale de protestation ou de soutien à une cause, a-t-elle un impact décisif sur le déroulement et l'issue des crises ou des conflits? Ici rapporter les violences, les dénoncer, les observer, nous permet en tant que citoyens du monde, informés, de savoir ce qui se passe à l'autre bout de la planète. Bien. Mais au-delà de ce constat, l'expression même massive d'opinions publiques peut-elle influer sur l'attitude des gouvernants et des acteurs de ces manifestations de violences, tous partis confondus? Ne nous intéressons pas ici à la question de savoir qui a tort ou raison, qui est l'oppresseur et qui est l'opprimé, mais juste de savoir si la diffusion de vidéos sur le web, de messages de dénonciation ou de soutien, et des attaques informatiques (piratage, pour résumer!) peuvent influer sur le cours des évènements.  

* quel est l'impact de l'usage de ces outils que l'on qualifie parfois d'"anticensure"? (http://www.net-stream.fr/Net/Acteurs-du-Net/Chine-Twitter-et-YouTube-medias-anticensure-face-aux-violences-du-Xinjiang_21_201__70960.html)

* N'y a-t-il pas trop de causes à défendre? Les hackers justiciers ont-ils eux-mêmes les moyens de suivre le rythme imposé par la succession des évènements?

* l'opinion internationale n'est pas mobilisable sur le long terme autour d'un même sujet. Il n'est que voir les courbes proposées sur Google Trends ou Alexa.com pour s'en convaincre. L'opinion internationale "papillonne", d'un sujet à l'autre, portée par les évènements. De là à dire qu'elle a le pouvoir d'en influencer le cours, il y a de toute évidence un pas difficile à franchir.  

* le relais dans l'opinion internationale des images des violences Uighures va-t-il jouer en faveur de la reconnaissance et de la défense des raisons de cette violence (la défense d'une identité?) La violence va-t-elle être légitimiée et la force employée par les autorités chinoises ne va-t-elle pas de nouveau être utilisée contre Pékin, renforçant la communauté Uighur dans un rôle de victime face à un pouvoir central fort et sourd aux revendications de séparatisme? Que peut gagner la défense d'une identité, en supposant que cela soit la raison des émeutes, dans le relai médiatique international?

 


Michael Jackson: impacts sur le net d'une information à portée mondiale

Suite à l'annonce du décès de Michael Jackson :

Ce 26 juin 2009 nous pouvions lire sur le site du Figaro (http://www.lefigaro.fr/musique/2009/06/26/03006-20090626ARTFIG00277-la-mort-de-michael-jackson-ebranle-internet-.php) quelques informations intéressantes:

"Selon Akamai, qui suit la consommation en ligne, le trafic vers les sites d'information du monde entier a progressé de 50% [...] De fait, quelque 15% des «tweets» mentionnaient hier soir alors Michael Jackson, là où l'Iran, qui a longtemps figuré parmi les sujets les plus discutés, n'a jamais dépassé 5%, selon les statistiques d'un développeur. Face à l'afflux de connexions, les équipes de Twitter ont dû supprimer l'affichage de ces sujets populaires, admettant des lenteurs dans la connexion. Le réseau social n'a pas été le seul touché. Selon Keynote Systems, la fiabilité des sites d'information est tombée de 100% à 86%, alors que le temps pour afficher les pages d'accueil doublait, atteignant 8,9 secondes. Google, submergé de requêtes «michael jackson», a d'abord cru à une attaque de spammeurs".

A méditer.

- L'internet est avant tout américain, ce qui pourrait expliquer le désintérêt relatif pour la question iranienne... Pourtant l'élection de B. Obama, très américaine, n'a elle-même pas généré un flux de connexions aussi élevé.

- une information susceptible d'avoir un écho mondial peut provoquer les mêmes phénomènes sur le net qu'une attaque DDoS bien organisée. Pour l'heure les informations qui captent un large public mondial, phénomènes ponctuels et brusques, souvent imprévisibles, provoquent essentiellement des ralentissements forts des flux de données. Quelles informations sont porteuses de cette capacité déstabilisatrice, capables de provoquer un engorgement - éventuellement fatal - du réseau? D'autres évènements ont déjà soulevé cette question (Jeux Olympiques 2008, attentats du 11 septembre 2001...). Ce facteur risque (risque d'engorgement, saturation jusqu'à la paralysie) est à prendre en compte dans les politiques de sécurité. Mais peut-on réellement l'anticiper?  (lire "Can the Internet handle big breaking news?". 29 juin 2009. http://www.zdnetasia.com:80/news/communications/0,39044192,62055530,00.htm?scid=nl_z_ntnd)

- Des attaques de spammeurs ne manqueront pas de tirer profit de l'information (lire "Jackson death prompts malware alert at Google". 29 juin 2009. http://www.zdnetasia.com:80/news/communications/0,39044192,62055535,00.htm?scid=nl_z_ntnd

- les spammeurs déjà à l'oeuvre? "Just eight hours after news broke about Jackson, U.K.-based Sophos started tracking the first wave of Jackson spam, which used a subject head of "Confidential -- Michael Jackson... (26 juin 2009. "Michael Jackson spam spreads, malware attacks likely" http://www.itworld.com/security/69859/michael-jackson-spam-spreads-malware-attacks-likely) [...] "I wouldn't be surprised to see hackers claiming that they have top-secret footage from the hospital, perhaps [allegedly] taken by the ambulance people, that then asks you to install a video codec,"

Mais attendons quelques jours pour avoir plus de détails statistiques (Alexa.com, GoogleTrends...) qui ne font pour l'heure pas ressortir de manière évidente les flux annoncés dans l'article du Figaro.

Ci-dessous courbe produite par Google Trends (le 29 juin 2009) sur les 12 derniers mois. En rouge, Barack Obama. En bleu, Michael Jackson

google trends obama jackson
jackson_iran_googletrends
Ci-dessus courbe réalisée avec Google Trends sur les termes "Michael Jackson" et "Iran". En rouge "Iran", en bleu "Michael Jackson".
Ci-dessous courbe réalisée avec Google Trends sur les termes "Michael Jackson" et "war". En bleu "Michael Jackson". En rouge "war".
jackson_war_googletrends

Ci-dessous comparaison des termes "michael jackson", "iran", "war", "obama". En bleu: "Michael Jackson". En rouge: "war". Couleur orange: "Obama". En vert: "Iran".

jackson, iran, war, obama

Et quelques statistiques à partir d'Alexa.com.
Fréquentation du site www.michaeljackson.com
25.5% des connexions au site viennent des Etats-Unis.
Le temps moyen de connexion au site est de 6.079 secondes. 88% des sites sont plus rapides.

Newsletter Mighalas International

A lire sur Mighalas International (newsletter qui s'adresse aux avocats, hommaes d'affaires...).

http://www.migalhas.com/mig_gramaticais.aspx?cod=86092&lista=S

Parmi les questions abordées, sous forme de définitions, dans la rubrique Grammatigalhas de la Newsletter :

-  Legal Meaning Is Not Everyday Meaning : Firewall, Hardware Theft, Non-Criminal Security Threats, Denial of service attack

- Everyday "Legal" Jargon : The threat of cybercrime is rising sharply. , Threat #1: Crime, Threat #2: The system, Threat #3: Cyber warfare

L'article fait également référence à la conférence qui a été donnée à l'Université de Liège le 27 mai 2009 sur le thème de la guerre de l'information et annonce la parution de l'ouvrage "Information Warfare" chez Wiley-ISTE


Vos collègues de travail sont peut-être des voleurs... à moins que ce ne soit vous

Intéressant article que celui intitulé "One in three employees would sell business secrets" http://www.securitywatch.co.uk/2009/04/24/one-in-three-employees-would-sell-business-secrets/ publié ce 24 avril 2009 sur le site SecurityWatch, qui évoque les résultats d'une enquête réalisée par la société Infosecurity Europe auprès de salariés d'entreprises au Royaume-Uni.

Selon cette petite étude, un employé sur trois serait prêt à vendre des informations de son entreprise si le prix en valait la peine, c'est-à-dire pour 1 million de £ :

- pour les 2/3 il serait facile de voler de l'information de l'entreprise

- 88% pensent que l'information de l'entreprise à laquelle ils ont accès a de la valeur

- 10% cèderaient ces informations si on remboursait leurs crédits, 5% contre des vacances...

Les employés ont admis avoir accès à des bases de données clients (88%) des business plans (72%), des mots de passe administrateurs (37%)...

A en croire cette étude, la majorité des salariés sont des menaces à la sécurité de l'entreprise, car non seulement ils sont prêts, contre monnaie sonnate et trébuchante, à trahir leur employeur (quitte à couper la branche sur laquelle ils sont assis), mais en plus ils ont accès à l'information qui est monnayable.

A cela s'ajoute le fait (voir l'article Employees see work laptops as personal property, publié le 24 mars 2009 toujours sur le même site http://www.securitywatch.co.uk/2009/03/24/employees-see-work-laptops-as-personal-property/  ) que les salariés ont le sentiment que les ordinateurs portables et autres mobiles de l'entreprise sont leur propriété privée (mais ça, après tout, tant pis pour les employeurs : il ne fallait pas inciter les employés à ramener du travail chez eux!). Ce sentiment de propriété n'est sans doute pas étranger à celui de liberté de disposer des informations contenues dans ces outils.

Le social engineering a donc encore de beaux jours devant lui et les "incidents" de sécurité ne sont pas prêts de diminuer dans les entreprises, mais aussi les administrations, institutions. Car l'on sait que la menace intérieure (insider threat) est l'une des plus difficiles à contrer : les murs élevés par les responsables de la sécurité protègent généralement mieux des menaces extérieures qu'intérieures.

Il y a toutefois une composante extérieure dans cette menace : la sollicitation. Car le salarié n'agirait que sur sollicitation. Il faut bien que quelqu'un lui propose de les acheter, ces données, avant qu'il ne les vole.

(billet également publié sur http://ith.romandie.com  et http://www.mediapart.fr/club/blog/daniel-ventre


The Insecurity Thriller

New blog launched on April 14th, 2009, titled "THE INSECURITY THRILLER". Created and managed by Daniel Ventre.

Project Grey Goose Phase II Report

http://d.scribd.com/docs/7chhp8gf8f3bxr3z76n.pdf

Project Grey Goose Phase II Report: the evolving state of cyberwarfare. March 20, 2009.